Plovemax délire encor (qq1 veut bien m'aider trouver titre?)

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plovemax
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Plovemax délire encor (qq1 veut bien m'aider trouver titre?)

Message par plovemax » mer. févr. 18, 2009 6:00 pm

Rappel du sujet : nous devisions sur le fil de choko sur le pourquoi et le comment du travail en dessin, former l'oeil, la main toussa toussa

Nous avions alors abordé la notion de dessiner d'après nature versus d'après photo.
PascalL a écrit :
plovemax a écrit : J'ai mis longtemps à comprendre pourquoi travailler d'après photo ne vaut pas du tout un travail d'après modèle. Maintenant que je commence à avoir un peu d'expérience en photographie, je pense avoir compris l'origine du problème. En effet, la photographie, contrairement à ce qu'on en dis parfois, est toujours une interprétation du réel. Travailler son dessin d'après photographie revient donc à accepter de passer par le prisme d'une première interprétation.

Complètement vrai, mais c'est une notion difficile à accepter pour beaucoup, l'idée qu'une photo est la réalité est très fortement ancrée. Il serait intéressant de passer en revue tous les choix (souvent dictés par des limites techniques) qui sont faits dans toute la chaîne qui mène de la construction d'un appareil à la photo finale.
Mais pour le dessin il y a un aspect important: en photo, le sujet est déjà applati! On perd énormément d'informations en retirant une dimension! Quand on regarde la photo, la grande part d'information manquante est reconstituée par notre cerveau. Par exemple si quelqu'un pointe son bras vers l'observateur, on voit un bras, pas un moignon, malgré le raccourcis extrême dont le bras se trouve affligé! Par contre dès qu'on souhaite dessiner ce bras d'après la photo, le fait de reconnaître un bras ne suffit plus: sans formation solide, le cerveau sait interpréter, mais pas restituer. Alors on dessine un moignon, au mieux on copie servilement les surfaces et les couleurs mais la compréhension du volume manque et ça se voit!
Pour quelqu'un d'expérimenté qui sait éviter ces écueils, c'est tout différent, la photo est une excellente occasion d'enrichir son langage visuel.
J'aimerai rebondir sur ta notion de choix souvent dicté par des limites techniques. Rebond qui je l'espère va me ramener vers ta conclusion ci-dessus.

Certes les lois de l'optiques sont ce qu'elles sont ( du moins pour l'immense majorité des gens qui n'ont pas accès aux milieux physiques extrêmes... :p (Comment çà je m'égare?) ) et par conséquent elles induisent une limitation d'ordre physique. Cependant le média qu'est la photographie possède sa propre "grammaire" qui influence nécessairement le photographe, bien plus, je pense, que les entraves techniques.
La première chose à comprendre lorsqu'on fait une photographie, c'est qu'on créer un cadre. C'est vrai aussi pour d'autres média (peinture, cinéma) mais là n'est pas le propos. Pour celui qui verra la photo, il n'aura accès qu'à ce que montre ce cadre (il pourra éventuellement en déduire ce qui ce passe en dehors de ce cadre , le fameux hors-champ). Voilà la première interprétation de la réalité. D'un champ de vision complet dans un temps s'écoulant, le photographe isole un morceau qu'il met dans un cadre et un temps donné puisque par définition la photographie est figée.

La deuxième chose à comprendre c'est que l'acte de photographie transforme un espace à trois (voire 4) dimensions en une représentation en deux dimensions. Par conséquent le photographe doit réfléchir sur comment s'agencent les différents éléments de sa composition afin de faire percevoir les trois dimensions (ce que tu appelles l'interprétation par le cerveau PascalL) en jouant à la fois sur les référents sociétaux mais aussi sur les capacités d'extrapolation du cerveau humain (qui repose en partie sur des référents structuraux -Je n'entre pas dans le détail, pour ceux que çà intéresse, je vous conseille les conférences du Collège de France de Guy Orban et de Stanislas Dehaene sur respectivement les mécanismes de la vision et l'apprentissage de la lecture). Un "dessin" étant toujours plus parlant :

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S'il est évident que 1 est un escalier, il est déjà plus difficle de le dire de 2 et 3. Quand à 4 si on ne dit pas que c'est un escalier, il est impossible de savoir ce que c'est. 5 quand à lui n'est pas un escalier et pourtant sa structure est très proche de 1! Aller je ne résiste pas d'en poster deux autres
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De quelles armes dispose le photographe? D'abord de ses jambes. Tourner autour du sujet. C'est ce que répète tous les photographes chevronnés aux débutants. Faire le tour du sujet afin de trouver l'angle qui apportera la meilleure compréhension. Jouer aussi avec le zoom par exemple : opposition plan large, plan serré (bien sûr les jambes remplacent avantageusement le zoom -surtout en cas de focale fixe ;) ). Et puis il y a... la lumière :idea: La lumière sculpte les formes, montre les volumes, ...

C'est donc en jouant avec le cadrage, l'angle de vue et la lumière que le photographe rend son "propos" intelligible. Pour reprendre l'exemple du bras : le spectateur saura qu'il a un bras face à lui parce que celui-ci est rattaché à un corps, ou à une main (et il faut souhaiter aux deux ;) :D ) ou encore parce que la lumière est réfléchie de telle ou telle manières. Ce sont ces éléments qui aide à la compréhension de l'image mais qui sont difficilement reproductibles par le dessinateur sur photographie. D'où le conseil de travailler d'après nature.

Cela me fait penser à une anecdote : mon prof d'anatomie à l'école nous a montré que pour faire de bon dessins anatomiques, il faut
1- être doué en pâte à modelée
2- savoir dessiner des patates!
C'est dingue ce qu'il arrivait à dessiner uniquement avec des dessins de patates (genre la morphologie parfaite d'un chien ou d'un cheval)!
La pâte à modelée aidant à comprendre, à toucher les volumes et les dessins de patates à retranscrire ces volumes en tracés simples.

dans le genre mais en nettement mieux que moi (ma main est sérieusement rouillée :? :cry: )

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